La Maison Cari Golden | Nul doute, meilleur indien du Plateau

Cari aux légumes et poulet bhoona

Vous habitez le Plateau. Vous êtes aux prises avec une envie irrésistible de manger indien, ça vous démange. Vous vous sentez un peu mou et n’avez pas envie de vous rendre jusqu’à la mecque des restaurants indiens (Parc-Ex). La solution qu’il vous faut : la Maison Cari Golden, meilleur restaurant indien du Plateau/Mile-End, selon mon humble avis d’experte en la matière.

Qu’avons-nous en terme de restaurants indiens dans le coin ? Mysore Indian Cuisine ? Médiocre. Le prétendu poulet au beurre, composé de cubes de poulet décongelés avec une sauce orange fluo, très dur à avaler. Des bhaji à l’oignon si vieux qu’ils étaient séchés et goûtaient le vieux frigo malpropre. Seul le riz basmati était comestible. On passe. Lumière de l’Inde, Palais de l’Inde, passables. Parfois bons, parfois mauvais. Chef Guru ne m’a pas impressionné plus qu’il le faut. Plutôt désagréable. Les autres, je n’ai pas osé les essayer parce qu’ils sont toujours vides. Arrêtez-moi tout de suite si je me trompe, je vous en prie.

La maison Cari Golden, c’est l’étoile du berger qui brille dans la nuit du Plateau, pour indiquer aux indienophiles la voie de leur salut. Étroit comme une salle de bain, un peu moins long qu’une allée de bowling, Cari Golden ressemble à un resto indien chic : nappes blanches en tissue avec serveurs en uniforme classique qui donnent, par ailleurs, un excellent service. Plusieurs choix de combinaisons sont offerts pour une personne ou deux personnes. Si vous êtes deux, je vous suggère de choisir la combinaison pour une personne. Vous en aurez amplement, voire trop. Je n’ai pas saisi cette nuance.

Bhaji à l’oignon

Nous avons pris la combinaison végétarienne pour une personne, avec en plus un poulet bhoona, parce que nous avions les yeux plus grands que le ventre. Nous avons demandé à ce que le chapati soit remplacé par un pain naan et à ce que la purée de lentilles, soit remplacée par des épinards avec pommes de terre. (j’ajoute deux crédits à ce restaurant pour avoir gentiment cédé à notre demande princière) En peu de temps qu’il n’en faut pour crier « ciseau », les bhaji à l’oignon sont arrivés encore tout chauds, moelleux à souhait, accompagnés d’une sauce paradisiaque. Suivi du meilleur cari aux légumes que je n’ai jamais mangé, des épinards qui étaient bien mais sans plus, ainsi que du poulet qui était exceptionnellement bon: tendre, mariné dans une sauce aux épices, tomates, poivrons, gingembre et oignons. Un véritable festin divin pour les papilles, accompagné de riz basmati, d’un pain naan sucré et d’une bonne pinte de Newcastle bien froide. Une expérience gastronomique qui fit oublier les froideurs de l’hiver. J’aime à la folie. Un incontournable ! Qu’attendez-vous ?

Prévoir environ 15 à 25$ par personne.

MAISON CARI GOLDEN
5210, boulevard Saint-Laurent (coin Fairmount)
Montréal, QC  H2T 1S1
Téléphone : 514-270-2561

Heures d’ouverture :
Lundi au vendredi – 11 h 30 à 14 h
Tous les jours – 17 h à 22 h 30

Maison de Cari Golden on Urbanspoon

Restaurant Lawrence | Bruncher chez le petit-frère du Sparrow

Depuis quelques mois, le Mile-End bourgeonne de nouveaux petits restos. Ce n’est pas encore la fin du Mile-End, quoiqu’en disent les mauvaises langues. Depuis le 1er décembre, une nouvelle addition à ce charmant quartier, le tout nouveau tout chaud Lawrence, petit frère du Sparrow, situé juste en face.

Les cuisiniers du Sparrow ont donc déménagé leurs pénates de l’autre côté de la rue, dans l’ancien local du Mozaik Café, pour se consacrer pleinement à leur art. Je m’y suis rendue pour le brunch du dimanche, histoire de comparer s’il y avait du nouveau par rapport aux brunch du Sparrow. Après 1 minute de panique parce que je n’arrivais pas à trouver l’entrée dans le rideau bleu-gris, j’ai eu le plaisir de constater que ce restaurant était exactement ce dont j’avais envie ce dimanche-là. Un établissement juste assez branché, mais pas trop. Décoré avec une simplicité efficace et sobre. Tables et plancher de bois, une jolie guirlande d’ampoules, de jeunes familles attablées, quelques hipsters, une ambiance décontractée, sans prétention, conviviale et chaleureuse. On adore.

Le petit-déjeuner anglais version Lawrence

Au menu, pas de changements par rapport à la carte du Sparrow. De bons petits déjeuners inspirés par la tradition anglaise: le petit déjeuner anglais (oeuf, lardons, saucisse, boudin, pommes de terre et fèves au lard), crumpet avec beurre et confiture, le pain doré avec fruits d’automne, des oeufs cuits au four avec céleri-rave et pleurottes, des rognons avec cresson sur pain grillé, du saumon fumé et oeufs brouillés. Les assiettes, composées d’ingrédients de qualité, sont copieuses. Une excellente façon de débuter la journée, dans une atmosphère chaleureuse.

Pour le repas du soir, un incontournable. Prenez le bar poché avec moules. Vous allez tourner de l’oeil tellement ce plat est enveloppant, délicat et succulent. Une ambiance toujours aussi conviviale avec un service impeccable.

Prévoyez environ 20$ par personne, 30 $ pour le repas du soir

LAWRENCE
5201, rue Saint-Laurent, coin Fairmount
Mile-End, Montréal
514-503-1070

Lun-Mar : Fermé
Mer-Dim: 11h-15h et 17h-23h

Brunch
Sam-Dim: 11h-15h

 

 

 

Lawrence on Urbanspoon

Coup de coeur rose | Le Tagada Bistro

*Le restaurant a fermé ses portes*

Tagada Bistro, retenez-bien ce nom. Je vous parie que dans quelques mois, cette petite adresse aura un succès fulgurant. Non seulement, on y mange extrêmement bien, mais les prix sont fort abordables pour la qualité des produits. Impossible de choisir entre tous les choix offerts sur la carte, nous les voulions tous sans exception.

Soupe aux lentilles

En guise d’entrée, foie gras au torchon, tartare de saumon à l’aneth, soupe aux lentilles, accompagnée d’un émincé de bavette, tartare de boeuf avec coulis de poivrons grillés et parmesan, salade crumble au romesqui, fromage St-Damase et noix de grenoble.

Risotto aux courges, champignons sauvages et foie gras

En plat principal, risotto aux courges, champignons sauvages et foie gras, une lasagne de canard confit, pleurottes et crème de poireaux, et un burger aux short-ribs braisés durant 6 heures, accompagné de frites sautées dans du gras de canard et salade de choux.

Tartare de boeuf

Comme j’y étais pour célébrer la fête d’une amie, j’ai eu l’opportunité de goûter à tous les plats au menu. Franchement, il n’y a rien à redire, tout était délicieux. En plus d’avoir pillé toutes les assiettes des convives, j’ai partagé le tartare de boeuf, la lasagne de canard confit (avec mon faible pour le canard confit) et le risotto avec une amie. Le tartare était sublime. Coupé au couteau, légèrement relevé et rehaussé par le goût sucré des poivrons rouges rôtis. La lasagne et le risotto fondaient en bouche, doux comme du satin. Peut-être un petit peu trop salé à notre goût. Le burger, servi dans un petit pain au lait, a fait fureur. Une boulette d’effiloché de short-ribs avec pleurottes, ketchup épicé maison et parmesan. Succulent! Le torchon de foie gras est un must. Il enchantera vos papilles.

Un petit bistro coquet de 26 places qui ne manque pas de personnalité. Dans un décor moderne et coloré, vous y découvrirez une cuisine de type bistro revisité qui saura plaire à tous et à toutes. Des portions généreuses à des prix abordables. À essayer absolument !

Burger de short-ribs braisé

TAGADA BISTRO
1199, ave. Van Horne coin Bloomfield, H2V 1K1
Outremont, Montréal
438-380-5858

Mar & Mer: 18h-22h
Jeu & Ven: 11h-22h
Sam: 18h-22h

photos: groupe Facebook du Tagada Bistro

Tagada Bistro on Urbanspoon

Niu Kee | Le palais caché de la haute gastronomie chinoise à petits prix

photo: Christopher Dewolf

Oh Niukee ! J’en rêve la nuit. Mon enfant chéri, mon chouchou, le premier de classe dans sa catégorie. Qui dit cuisine authentique, dit NiuKee, et en cela réside sa force: il n’y a point de compromis pour la sensibilité des palais occidentaux.

En plein cœur du centre-ville, à l’angle de la rue Clark et René Lévesque, derrière une grille rouge en fer, se trouve le lieu de rendez-vous des fins connaisseurs de l’authentique  cuisine de Beijing. Si vous clignez de l’œil, vous risquez de  rater la devanture, dissimulée à l’ombre des tours du centre ville, dans une ruelle bordée de containers, de sacs de plastique et de vieux papiers.  Rappelez-vous du dicton L’habit ne fait pas le moine et entrez sans vous poser de questions; grimpez vite au deuxième étage. Ne vous laissez pas intimider par les cuisiniers qui s’affairent dans leur cuisine, en apparence crastillonée, en vous regardant passer au premier.

Lorsqu’on y entre, les sens s’éveillent au concert des baguettes et à la myriade  de parfums émanant des nombreux petits plats fumants apportés des cuisines par un monte-charge électrique. Avec le téléroman chinois jouant sur un écran-télé, les nappes de plastique, la sobriété du décor, les serveuses habillées de tuniques traditionnelles, on se croirait dans un film de Wong Kar Wai. Les larges tables indiquent qu’il serait mal venu de venir y manger seul, le concept étant de commander plusieurs petits plats à partager entre plusieurs convives.

Pour une expérience totale qui vous propulsera au 7e ciel, voici les incontournables:

L'agneau épicé au cumin et oignons

Sublime, les épices vous surprendront là où vous ne vous y attendiez pas. Tendres morceaux d’agneau accompagnés de la douceur des oignons caramélisés.

Le plat mijoté de fleurs de tofu et boeuf épicé

Feluettes s’abstenir. Ce plat est relevé, mais oh combien enivrant. L’assaisonnement est composé de poivre szechuannais qui engourdie la langue. L’harmonie entre le tofu soyeux, la complexité des épices et le boeuf procure un plaisir sans nom.

Les fameux pousses d'haricots verts sautés à l'ail

Pour compléter les plats de viande, des légumes et un peu de riz sont essentiels pour freiner cette marée de feu qui emplira votre bouche. Il faut absolument goûter aux pousses d’haricots verts sautés à l’ail (snow pea tips). On retrouve ce plat sur toutes les tables. Croquants et savoureux, c’est une spécialité de la maison. Parfois, je ne commande que ça. Les haricots verts épicés sont également une valeur sûre. Vous ne serez pas déçus.

Accompagner le tout d’une bière Tsing-Tao et d’un bol de riz medium. Vos assiettes seront tellement propres que vous y verrez votre reflet. Et tout cela, à prix plus que raisonnable ! Comptez 12$ par plat.

photo: Joseph Yarmush

NIUKEE
1163, rue Clark
Montréal, QC H2X 2P8
(514) 868-1866

Lun–Jeu 12h-23h
Fri 12h–23h30
Sam–Dim 11:30–23:30

Niu Kee on Urbanspoon

Berlin | Un carnet de bonnes adresses

Mädchenitaliener

Der Mädchenitaliener

Il m’arrive parfois d’avoir simultanément des confettis et des feux d’artifices dans la bouche. Lorsque la saveur est si intéressante que le corps devient mou.

À Berlin par exemple, dans Mitte, le restaurant Mädchenitaliener, vous rendra fou. J’y ai goûté une entrée toute simple qui m’a jeté en bas de mon tabouret. Un morceau de Mozarrella di Buffala, une figue ou deux bien mûres, des feuilles de basilic, sur un lit de prosciutto italien de Parme. Un trait d’une bonne huile d’olive et un autre de vinaigre balsamique. La qualité des produits, mes chers amis, c’est ce qui fait toute la différence. Ensuite, il faut tourner la fourchette en brochette et s’assurer de bien attraper chaque élément. La douceur sucrée de la figue, la texture fondante et légèrement salée du mozzarella, la fraîcheur du basilic, le bonheur salé du prosciutto, bien trempés dans l’huile d’olive avec une goutte de vinaigre balsamic. Vous allez entendre les anges chanter.

Je dois me retenir de vous parler de leurs pâtes, parce-que je vais y passer la nuit. Les pâtes San Fernando….après 8 mois, je me rappelle encore de leur nom. Faut le faire. Pour 8 euros, vous aurez droit au paradis.

Mädchenitaliener
Alte Schönhauser Str. 12
Berlin, Mitte

Figues, prosciutto, mozzarella, basilic

Yumcha Heroes

Un de ces restaurants qui fait battre mon coeur.  De ma vie, je n’ai mangé de dumplings aussi exquis. Vapeur, frits ou servis dans une soupe, ces bijoux fondent dans la bouche comme neige au soleil. Une saveur précise, délicate, inventive et exclusive. Les rouleaux de tofu sont un ravissement. Du porc tendrement mariné, champignons shiitake et carottes sucrées, enveloppés dans du papier de tofu frit, croustillant sous la dent. Tous les dumplings sont faits maison. Ils sont préparés en cuisine devant les clients. Une vitre permet même de les voir tricoter vos plats. Yumcha Heroes vous reconciliera avec la vie. Pour terminer le repas, faites un arrêt au charmant Galao Caffe, juste à côté. On y sert de gigantesques Milch Kaffee. Ils font également d’excellents grill cheese.

Yumcha Heroes
Weinbergsweg 8
Mitte, Berlin

Bienvenu chez Monsieur Vuong !

Monsieur Vuong, lui-même

De passage à Berlin, une visite à Monsieur Vuong, l’incontournable viet-branché de Berlin, s’impose.

Au menu du jour, des bols de nouilles comme il ne s’en fait pas à Montréal. Curry, citronelle, sésame rôti, coriandre, les saveurs traditionnelles sont magnifiquement repensées, sans pour autant perdre de leur authenticité, dans une ambiance survoltée.

Monsieur Vuong
Alte Schönhauser Str. 46
Berlin-Mitte


Où trouver le meilleur Doner Kebab à 3h du matin ?

Oubliez la currywurst, la bratwurst et autres saucisses de ce genre. Exit les hamburgers, hot-dogs et les frites. Le Doner Kebab a été proclamé en 2008, fast-food préféré des Allemands. Introduit par des immigrants turcs dans les années 70, ce fameux sandwich de viande grillé, servi dans un pita croustillant avec de la laitue, du chou rouge, tomates, oignons rouges et différentes sauces, fut un coup de foudre immédiat. Le mot doner vient du verbe turc donmek qui signifie tourner, car la viande, préalablement marinée dans du yogourt et assaisonné de tranches de poivrons, cumin, piment, cannelle, grains de coriandre et jus de grenade, grille en tournant durant des heures sur une rôtissoire verticale (comme le shawarma). En quelque sorte, le Doner est aux Allemands, ce que la poutine est au Québécois. C’est cheap (4 $), délicieux, et on peut en manger toute la nuit. Toutefois, c’est bien meilleure qu’une poutine. Désolée.

Nous avons La Banquise, ils ont le…

Rosenthaler Grill- und Schlemmerbuffet
Torstrasse 125
Prenzlauer Berg, Berlin

Le Doner Kebab

Pizzeria I Due Forni aka Pizza punk

Dans Prenzlauer Berg, à deux pas de notre appartement, la meilleure pizza de Berlin que nous appellions affecteusement: Pizza punk. Uno, parce que les murs sont décorés aux grafitis. Secundo, parce que les serveurs ont des anneaux dans le nez, des perçages et des tatous sur les bras. On y mange comme dans une cafétéria, sans l’ulcère d’estomac. Les pizza sont cuites au four, la pâte est croustillante et la satisfaction, garantie.

Pizzeria I Due Forni
Schoenhauser Allee 12
Prenzlauer Berg, Berlin

Roquette, prosciutto et parmesan

Déjeuner à la berlinoise

Pour conclure, parce qu’il faut bien parler un peu de cuisine allemande… Pensez plateau de viandes froides, de fromages, de confitures, de terrines, une corbeille de pains de toute sorte, bacon croustillant, oeufs brouillés, thé à la menthe, café au lait… Tous les matins, au 103 Bar, la meilleure façon de commencer une journée du bon pied.

103 Bar
Kastanienallee 49
Prenzlauer Berg, Berlin

* * *

Ce Doner dans la main du jeune allemand est-elle une arme ou un fruit?

Apprendre à reconnaître le Doner dans la main d'un Allemand

Merci pour tout Max

Pars vite et reviens tartare

Les savoureux tartares du Marché 27

– Le Guern, combien de cadavres lacérés avez-vous trouvé dans le frigo ?

– Deux, Monsieur le commissaire.

– Ça sentait mauvais ?

– Non, ils ont été fraîchement tués. Pas d’odeur.

-Que savez-vous sur les victimes ? dit le commissaire en bourrant sa pipe.

– Un tartare de thon, de bonne famille, sans histoire. Style thai avec coriandre, huile de citronelle, limes et échalottes. L’autre, un tartare de saumon style japonais, enroulé dans une feuille d’algue, avec tempura, soya, wasabi, huile et ciboulette.

– C’est un récidiviste! vociféra le Commissaire. Homard, cerf, boeuf, canard et quoi encore… on est pas sorti du bois. Il est inventif et varié dans la façon d’apprêter ses victimes. On ne peut pas dire qu’il manque de style ni de talent. 

Le Marché 27 | Bar à tartares
27, rue Prince Arthur Ouest (coin Saint-Laurent, tout près du Cinéma Parallèle)
Montréal
514-287-2725

Heures:
Dim-Mer 11-10
Jeudi-Sam 11-11

Pars vite et reviens tard de Fred Vargas, a remporté le prix des libraires 2002, prix des lectrices de Elle 2002, prix du meilleur polar francophone 2002 et Deutscher Kriminpreiz 2004

La bouche pleine à Chicago

THE PUBLICAN

Chicago The PublicanJadis, les collecteurs d’impôts portaient le nom de Publicain. Selon la parabole biblique, le Publicain, en s’abaissant avec humilité et en reconnaissant ses péchés, s’accorda la grâce de Dieu.

À la Renaissance, le mot “publican”(publicain) signifiait « a tavernkeeper », c’est-à-dire, le tenancier d’une taverne; ce lieu de perdition où les hommes se retrouvaient pour se rincer le gosier de breuvages alcoolisés, et manger.

De nos jours, le terme a été emprunté pour désigner l’un des restaurants les plus Hip de Chicago : The Publican.

Niché à l’Ouest du centre-ville, dans un ancien quartier industriel voué  à l’entreposage des viandes, minces sont les chances de trouver le restaurant sans adresse. The Publican est au Fulton Market District, ce qu’est Le Local à Griffintown, en moins raffiné. Ou encore mieux, Le Publicain est le Pied-de-Cochon des Chicagoans.

Moderne, minimaliste et rustique, trois mots appropriés pour décrire l’endroit.   Au centre, deux longues tables en forme de L se communiquent, donnant l’impression d’un immense banquet gaulois, habillé par des teintes beurre et moka. Le long du mur, des cabines en bois, fermées par des portes battantes offrent un confort visuel exceptionnel et intime.  Des globes lumineux décorent le haut plafond, rappelant l’esthétique des brasseries allemandes et du pop art. L’atmosphère conviviale  et énergique est palpable dès l’instant où on y met les pieds. Immédiatement séduite, j’ai été.

Chicago bread

Le pain fait bon ménage

The Publican suit une logique très simple : 1) Dénicher des huîtres, fruits de mer, charcuteries et viandes de haute qualité venant des quatre coins du monde 2) Laissez les ingrédients parler d’eux-mêmes. Le menu change sur une base quotidienne pour suivre les arrivages des produits du marché. Il se lit comme un guide de voyage.

Chaque plat est accompagné de sa provenance géographique: huîtres (Nouveau-Brunswick, Canada), Huîtres (Auckland, Nouvelle-Zélande), Truite dorée fumée (Clear Springs, Idaho), Serrano Fermin (Salamanca, Espagne), Jambon paysan de Edwards (Surry, Virginie), Cochon de lait (Slagel Family Farm, Fairbury, Illinois), Courges d’été (Green Acres Farm, North Hudson, Indiana). Même le délicieux pain ménage et le beurre proviennent de la ville de Websterville, dans le Vermont.

Chicago huitres

Nous avons ouvert le bal par la dégustation de 3 huîtres. En ce premier juillet, pour souligner à l’anniversaire du Canada, nous avons choisi une huître canadienne : la French Kiss du Nouveau-Brunswick, la Coromandel de Nouvelle-Zélande et la Island Creek du Massachussetts. Elles étaient toutes savoureuses, mais cette dernière m’a particulièrement plu par sa fermeté, sa fraîcheur et son goût légèrement sucré.

Chicago moules The publican

La casserole de moules Bouchot

Suivi par une casserole de moules Bouchot provenant du Maine. Bière belge, baies, céleri, ail et aioli. Sans oublier le cornet de frites mémorable, servi avec la mayo maison. Parfaitement dorées et croustillantes , mais tendres et veloutées de l’intérieur.

Chicago The publican

Le fameux cornet de frites

J’ai particulièrement aimé la salade de courges d’été de l’Illinois. Toute simple et délicate, agrémentée d’une vinaigrette au chili et ail, ainsi que quelques flocons d’un excellent parmesan.

Chicago The publican

La salade de courges d'été

Puisque le cochon de lait était back-order, nous nous sommes rabattus sur le boudin blanc de l’Iowa, accompagné d’oignons cipollini aigres-doux et de cerises fumées. Il n’y avait aucune différence entre le boudin blanc et une saucisse de Toulouse fade. Les cerises fumées, par leur audace et leur originalité, sont venues à la rescousse pour rehausser le tout.

Chicago The publican

La saucisse de toulouse aka Boudin blanc

Puis nous avons conclu le repas avec les Country Ribs de l’Illinois, servies avec carottes épicées et coriandre. Tendre, la chair sucrée se détachait allègrement de l’os. C’était réussi.

Chicago publican

Les country ribs

Une sélection d’environ 100 bières vient compléter le portrait et justifier le titre de taverne.

De façon générale, la cuisine du Publicain frappe toutes les bonnes notes, comme ce fut le cas ce soir-là. L’exécution est juste et presque sans faute.  Mais peut-on parler d’un style culinaire du Publican ? Malheureusement, je n’arrive pas à mettre le doigt dessus.

Malgré la fraîcheur et l’incroyable sélection de leurs produits, la cuisine manque un peu de panache et d’audace.

Toutefois, la convivialité des lieux et le service hors-pair viennent tout pardonner.

Le prix des plats varient entre 10 $ et 35 $, comparables au Pied-de-Cochon.

Chicago publican

THE PUBLICAN
837 W. Fulton Market
Chicago, Illinois
312-733-9555

L-Jeu: 3:30-10:30pm
Ven-Sam: 3:30-11:30pm
Dim: 10am-2pm (brunch) & 5-10pm