Sharp À l’os !

Restaurant À l'os

 

Un intérieur d’un blanc maculé, avec planchers de bois franc et nappes blanches. Un simple muret divise la cuisine du restaurant. Les chefs, jeunes et beaux, s’affairent à leurs fourneaux, méticuleux et généreux. Sur le muret, des herbes aromatiques attendent patiemment d’être cueillies pour rehausser la saveur de votre assiette.

Nous avons opté pour le menu dégustation de 5 services pour 55$. Une composition du chef visant à faire découvrir les entrées, les poissons et fruits de mer, viandes et desserts. À noter que le menu dégustation doit être commandé pour l’ensemble de la table et à l’aveuglette.  Deuxième fait notoire, c’est  un Apportez votre vin. Ça se prend bien quand l’addition est salée.

Carpaccio de melons

Le repas s’ouvre sur un carpaccio de melons-miel et feta, nappé d’une sauce au porto et saupoudré de baume de mélisse. Je n’étais pas très impressionnée à prime abord. Pour moi le melon-miel, demeure encore le fruit qu’on utilise pour remplir la salade de fruits à la cafétéria, parce que les autres coûtent trop chers. Je ne le tiens pas en haute estime, mais c’est un avis très personnel.

J’avais tort. Les ingrédients en bouche s’harmonisaient merveilleusement bien, comme une valse entre danseurs chevronnés. La douceur du melon et du porto s’équilibrait parfaitement au feta, ainsi qu’à la saveur anisée du baume de mélisse, créant un ensemble rafraîchissant.

Le duo: tartare d'autruches et gravlax de saumon

Aussitôt terminé, on nous apporte un duo sur une longue assiette, divisée par des craquelins au beurre. Tartare d’autruche parfumé à l’huile de truffes  et armillaires de miel mariné, d’une part et de l’autre, gravlax de saumon sur un lit de fenouil émincé et tranches d’orange. Malgré le tartare d’autruches légèrement trop relevé, le tout était original et créatif. Jai beaucoup apprécié le lit de fenouil. Le fenouil est un aliment négligé dans la cuisine de tous les jours, et pourtant… quelle grâce.

L’expérience culinaire s’est poursuivie avec la pieuvre braisée, servit sur un lit d’haricots et chorizo, avec une sauce au citron confit et moutarde. Délicieux. Suivi du magret de canard rôti, avec purée de patates douces à l’ail et nappée d’une sauce au foie gras. Sublime, mais j’étais limite en train de fendre.

Je dois dire un mot sur le service qui était absolument exceptionnel. Toujours à la disposition et à l’écoute du client, le service était hors-pair. Un couteau tombe et il est remplacé dans la seconde qui suit. Les verres étaient remplis régulièrement, ce qui  rendit notre expérience d’autant plus agréable.

Le dessert d'Eros

Le festin se termina sur un trio de desserts : pudding chômeur au chocolat blanc, glace à la pistache et thé vert, et truffe au chocolat. Parlons de ce fameux pudding. Rarement, je n’ai mangé de dessert aussi bon. Ce péché mignon fit l’unanimité de tous les convives. Une texture, douce, moelleuse, sucrée à point, séduisante, amoureuse, magnifique. J’avais un mot sur le bout de la langue pour décrire ce morceau de paradis, mais n’arrivais pas à mettre le doigt dessus. Et c’est une amie qui l’a trouvé, sans aucune concertation: ce dessert était tout simplement érotique, tellement il était délicieusement charmant.

La cuisine créative et inspirée de cet établissement, ainsi que la qualité exceptionnelle du service justifient les prix. Les chefs rivalisent en inventivité et sont téméraires dans leur approche. Ils osent nous amener en territoires inconnus, pour ensuite nous surprendre et nous offrir un moment gastronomique inoubliable.

RESTAURANT À L’OS
5207, rue Saint-Laurent (coin Fairmount)
Montréal

Ouvert du mardi au dimanche de 18h à 22h

*Toutes mes excuses pour la piètre qualité des photos.

A L'Os on Urbanspoon

La Kitchen Galerie: une cuisine de chefs, servie par des chefs.

Photo: Dominic Gauthier

« Vous êtes mieux de manger votre gratin dauphinois, parce que c’est moi qui l’ai fait ! »

Et vlan ! Nous voici attablées à la Kitchen Galerie pour célébrer l’anniversaire de Baya et tester leur cuisine du marché. À la Kitchen Galerie, il n’y a pas de cachoteries, ni d’intermédiaires entre la cuisine et les plats posés sur la table. What you see is what you get. Les chefs cuisinent et font le service à la fois.  Ils sont disponibles pour répondre à vos questions et faire d’excellentes suggestions au besoin (on aime).

Et qui dit cuisine du marché, dit véritablement cuisine du marché. Suivant les saisons, les aliments, sont puisés directement au Marché Jean-Talon, à deux minutes à pieds du restaurant. Chaque jour, le menu varie selon la fraîcheur des ingrédients trouvés. Un choix de trois entrées est proposé: une soupe et un choix de 2 entrées. Suivi du plat principal: un choix de pâtes, de risotto, de deux poissons ou de deux viandes. Pour terminer avec un choix de trois desserts.

À peine assise au bar (le restaurant affichait complet), le jeune chef est venu nous offrir des apéritifs. Demandé si gentiment et efficacement, ça ne se refuse pas. Nous avons pris trois flûtes de prosecco* pour ouvrir le bal.

Le chef nous a ensuite surprises avec un panier de pains et un amuse-gueule vert tendre servi dans un verre à shooter. Gracieuseté de la maison. Incroyablement rafraîchissant et combien délicieux. Chaque lampée se découvre et se déguste individuellement, pour se terminer sur du caviar tout au fond du verre. Personne n’était en mesure de deviner l’étonnante composition de cette potion. Nous avons fait appel au chef. En voici  la recette: Asperges, échalottes, lait, huile de noix, caviar d’harengs espagnols, sel, poivre et beaucoup d’amour.

Le mystérieux amuse-gueule

Puisque nous étions trois, nous avons pris les trois entrées au menu:

Tilipia à la planche, vierge aux crustacés

Salade rattes, maquereau fumé et bits de chorizo

Bortsch, crème sure, basilic

Le tilipia était délicieux. La consistance et la texture étaient très agréables et la vinaigrette de la salade apportait une fraîcheur et une acidité intéressante, qui relevait l’ensemble.

La deuxième entrée fut la moins palpitante. Le maquereau fumé et le chorizo sont à la base, deux aliments salés avec beaucoup de caractère. Ajouter à cela la salade de patates (rattes) avec mayonnaise et au bout d’un moment, on a la mâchoire tendue. D’autant plus que le chorizo ressemblait au faux bacon d’une salade césar cheap. Trop c’est comme pas assez.  Je me plains. C’était tout de même pas mal.

En contrepartie, le Bortsch fut pour moi une révélation . Bien honnêtement, c’est le dernier choix que j’aurai fait sur la carte. Or, parfaitement assaisonné, la douceur de la betterave venait caresser le palais comme une main de velours. Je ne pouvais plus m’arrêter. Je me suis retenue pour ne pas lécher le bol.

En guise de plat principal, Laurence a pris la dorade grise poêlée, sauce balsamique, avec salade de poivrons marinés et pleurotes. Une portion généreuse, tendre et savoureuse. Une texture parfaite.

La dorade grise

Et comme plat principal, j’ai partagé la fameuse assiette à deux, spécialité de la Kitchen Galerie: Côtes de boeuf rôties dans du jus à l’estragon, avec légumes racines à 80 $. Pour 120 $, la Super Size Me comprend en plus, foie gras poêlé et truffes noirs.

Nous avons demandé s’il était possible de remplacer une partie des légumes racines par le gratin dauphinois qui était au menu, mais accompagnait la joue de boeuf.

Lorsque nous avons aperçu notre assiette, nous avons immédiatement regretté.

Non seulement, nous avons failli perdre connaissance en voyant l’immense portion de viande, mais la viande était elle-même sur un épais nuage de pommes de terre en purée n’en finissant plus d’apparaître. Imaginez une grande cuvette, remplie de larges côtes de boeuf bien rosées. Et le petit gratin dauphinois qui vient avec, dans une assiette séparée.

Côtes de boeuf rôties, jus à l'estragon, légumes racines

La photo ne rend malheureusement pas justice à la grandeur de l’entreprise. Mais quelle entreprise. C’était S-U-C-C-U-L-E-N-T. Les viandes du Pied-de-Cochon ont l’air faibles à côté. La viande tendre est gorgée de jus d’estragon. Il y avait peut-être 2 os dans l’assiette. Ce n’est que pure chair divine. Nous avons accompagné le tout d’un vin chilien recommandé par le chef qui se mariait merveilleusement bien avec la viande.

Prêtes à fendre, nous sommes arrivées en roulant à la ligne d’arrivée où trois desserts nous attendaient et trois feux de Bengales. Rien de tout cela n’avait été commandé. À notre insu, les chefs avaient concocté la surprise. Sur une assiette, les trois desserts: une crème brûlée, un pain aux bananes, caramel à fleurs de sel, bananes à la torche et une génoise aux fraises chantilly.

Épilogue- Les trois desserts: crème brûlée, un pain aux bananes, caramel à fleurs de sel et une génoise aux fraises chantilly

J’ai particulièrement adoré le pain aux bananes. La crème brûlée était fidèle à une bonne crème brûlée et la génoise, tout à fait impertinente et d’un ennui mortel.

Une chose à retenir: l’assiette à deux se mange à trois ou à quatre.

Une adresse à inscrire à votre agenda, si vous aimez les ambiances conviviales et décontractées.

Une cuisine franche, surprenante et honnête, faite avec amour et générosité.

Prévoir environ 60$ par personne. Les plats varient entre 29$ et 40$ en table d’hôte.

*Le prosecco est l’ancien nom d’un cépage  italien de raisins blancs. 2 vins en sont issus: un vin blanc et un vin effervescent qui s’apparente au mousseux. Nous avons opté pour les bulles)

Kitchen Galerie

60 Jean-Talon Est,
Montréal (Québec)
H2R 1S5
514-315-8994

Kitchen Galerie on Urbanspoon

Un Barros Luco, por favor !

Le fameux Barros Luco

Le fameux sandwich Barros Luco se décline ainsi:

1) Minces tranches de steak

2) Fromage fondant

3) Tomates fraîches

4) Tranches d’avocats mûrs

5) Petit pain légèrement sucré fait maison

6) Salsa piquante (facultative mais obligatoire)

Il se prend bien entre deux rendez-vous, en collation, sur le trottoir ou en poche. Il se prend très bien aussi quand on est cassé. On passe la commande au comptoir et ensuite, on choisit une table à l’intérieur ou sur la terrasse en été.

Ramón Barros Luco

Le Barros Luco tire son appellation du nom d’un président chilien qui gouverna de 1910 à 1915. Alors qu’il était en fonction, il avait pour habitude de commander un sandwich bien précis : “carne con queso caliente en pan amasado” i.e. au steak avec fromage fondant et pain fait maison. Son nom devint notoire, non pas en raison de sa présidence, mais du sandwich qu’il commandait. Tim Burton a son algue, Barros Luco, sa sandwich.

Pour le décor, on y repassera. L’important, c’est ce qu’il y a dans l’assiette, n’est-ce pas ? Parlons-en.

Je n’ai malheureusement pas eu la chance de goûter aux empanadas, ni au chili con carne, servi avec une portion généreuse de guacamole, parce que chaque fois, invariablement, l’appel du Barros Luco était plus fort que la raison.

Les empanadas sont très réputés pour leur croûte mince. Plusieurs variétés sont offertes: boeuf (le classique), poulet, épinard, fromage et légumes (carottes, oignons et choux) pour aussi peu que 2.50$. Il en va de même pour les sandwichs. Le choix est encore varié.

Le menu sandwich chez Barros Luco

Quand on a un petit creux

Quand on ne peut payer qu’en cennes noires…

BARROS LUCO
ADDRESS: 5201, rue St-Urbain (coin Fairmount)
TÉLÉPHONE: 514-270-7369
HEURES: Lun-Mer 9h-19h ; Jeu-Ven 9h-21h; Sam-Dim 9h-18h

Barros Luco on Urbanspoon

Puces pop printemps

En ce dimanche pluvieux, je vous invite à aller faire un tour à la troisième édition printanière de la foire artisanale Puces Pop, où sont réunis plus d’une cinquantaine d’artistes et artisans talentueux dans le sous-sol de la Fédération ukrainienne. Ayant débuté samedi, l’événement se termine aujourd’hui, 6 juin à 18h. Puces POP est maintenant connue comme étant la plus grande foire artisanale à Montréal, accueillant des créateurs québécois indépendants.

Puces Pop fait également place aux artistes de sucreries.

Les bons caramels fondants faits maison et les délicieuses confitures de la Dinette nationale.

Et pour siroter votre café chaud comme l’enfer, sans brûler vos paumes délicates:

Une création de PMO Design. La rumeur dit que c’est la fête des pères bientôt.

Créateurs de mode, accessoires uniques faits à la main, produits naturels pour le corps, affiches, bijoux et plein d’autres surprises sont au rendez-vous! Faites-vous plaisir.

Bon dimanche !
Lieu:
Fédération Ukrainienne
5213 Hutchison (coin Fairmount)
Samedi, 5 juin, 2010 de 11h à 18h
Dimanche, 6 juin, 2010 de 11h à 18h

Kazu ou le Japon en bouche

Le plaisir d’être au bar

Il y a le quartier chinois et le nouveau quartier chinois, situé sur la rue Ste-Catherine, entre la rue Guy et Atwater. On y trouve une pléthore de restaurants coréens, japonais, chinois sans grand intérêt, fréquentés en majeure partie par les étudiants de Concordia.

Or, coincé entre un bureau de change et un barbier, se trouve LA perle rare: KAZU.

Un aperçu de l’ambiance chez Kazu

ENFIN, Montréal peut se vanter d’avoir un authentique izakaya dont les saveurs rivalisent admirablement avec celles de sa mère-patrie. L’izakaya occupe au Japon la place qu’occupe en Angleterre le pub ou le restaurant à tapas en Espagne. Il y a environ 20 000 izakaya au Japon. Très fréquenté après le travail, on y commande des rations de plats chauds ou froids que l’on se partage entre amis ou collègues dans une ambiance décontractée. La carte, plus ou moins élaborée, va de quelques plats familiaux à une carte presque gastronomique et peut être complétée par des plats du jour, le poisson du marché, la marmite de saison.

Comme au Japon, le menu du jour est décliné sur des feuilles volantes, collées aux murs. D’immenses lanternes blanches apportent une ambiance chaleureuse et décontractée. 4 ou 5 tables en bois, 10 places au bar et on a fait le tour de l’endroit.

Tofu et kimchi

Oubliez les traditionnels sushis. Il y a beaucoup mieux. Laissez-vous tenter par le tofu fait maison, servi avec kimchi. Pur bonheur. Il se détache gracieusement et fond sur la langue comme de la soie. La marinade du kimchi se marie merveilleusement à la saveur exquise du tofu.

Chicken meatballs

Vient ensuite les chicken meatballs. Pas très chaude à l’idée, mais quel délice ! 3 boulettes de viande en brochettes tendres, mi-sucrées, mi-salées. Elles s’avalent en une bouchée. On en aurait voulu 12 chacune. Nous avons poursuivi l’aventure avec la salade de thon et de saumon, servie sur du riz. Une note parfaite. Encore une fois c’était réussi. J’aurais toutefois aimé que les morceaux de poissons soient un peu plus gros, mais cela ne tient que du caprice.

Nous avons ensuite commandé le filet de saumon (salmon belly). Grillé à la perfection, une énorme pièce de saumon légèrement caramélisée qui fond dans la bouche. Les raviolis. Délicieux. Pour finir avec le fameux 48-hours marinated pork. Un grand bol de riz, couvert de porc mariné durant 48 heures dans une sauce mirin, soya et huile de sésame.

Le délicieux filet de saumon (salmon belly)

Nous avons accompagné le tout de 2 bonnes bières Asahi et du vin de prunes on the Rocks (plum wine). Un alcool fort fait à base de prunes, très prisé au Japon. Sans oublier 2 glaces à la vanille saupoudrées d’expresso.

Le service est impeccable. Rapide, courtois et efficace. Nous avons eu notre premier plat seulement 10 minutes après notre arrivée.

Le prix des plats varie entre 5 et 15 $. Vu la qualité exceptionnelle de tous les ingrédients et la jolie présentation des plats,  c’est donné.

Toujours bondé, le restaurant est ouvert tous les jours  jusqu’à 21h30.

Vous m’en direz des nouvelles !

Merci à Elena de m’avoir gentiment accompagnée.

KAZU, 1862 Rue Sainte Catherine Ouest (coin St-Marc, métro Guy-Concordia), Montreal, 514-937-2333‎

Kazu on Urbanspoon

Les cinq péchés de Saint Thomas d’Aquin

Saint-Thomas d'Aquin

Au XIIIe siècle, Saint Thomas d’Aquin répète la liste des cinq manières de pécher :

1. Praepropere – manger trop tôt
2. Laute – manger trop coûteux
3. Nimis – manger trop
4. Ardenter – manger avec trop d’impatience
5. Studiose – manger avec trop de goût

Plus l’interdiction est ressentie comme pesante, plus sa transgression sera délicieuse.

Irons-nous en enfer ?